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L’association KAORENGO Porteurs d’Avenir est dédiée au parrainage d’enfants orphelins au Burkina Faso, organisation laïque et solidaire, entièrement bénévole et dont l’objet est la scolarisation et le bien-être des orphelins filleuls.

La pauvreté persiste, la solution piétine

Bilan de la croissance au Burkina Faso à travers un regard non officiel vu par le « Le journal du jeudi » du 16 mai 2013 ; article rédigé par F. Quophy


par C. Berthelot
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Bilan de la croissance au Burkina Faso vu par le « Le journal du jeudi » du 16 mai 2013 ; article rédigé par F. Quophy
« Le journal du jeudi » est "Le canard enchaîné" burkinabé

Malgré la relative embellie d’un taux de croissance du Produit intérieur brut (PIB) qui atteint les 8% cette année, la pauvreté demeure le plus large dénominateur commun des Burkinabè. La plupart des solutions proposées par les pouvoirs publics, mais aussi par les ONG nationales et internationales, souffrent d’un manque d’impacts significatifs capables de changer la donne. Conséquence, le Burkina se modernise, mais ses habitants restent largement pauvres. Décidément, le chemin qui mène au développement humain durable est encore long et périlleux.
Comme par hasard, l’investigation du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et celle du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) réalisées au cours de la période 2012 ont abouti à la même conclusion sur le niveau de développement du Burkina et le niveau de vie des Burkinabè. La première conclut que, malgré la fameuse croissance qu’on crie sur tous les toits, la pauvreté ne recule guère. Bien au contraire. Selon Pascal Karorero, le représentant-résident de l’institution onusienne au Faso, « la proportion des populations pauvres est passée de 44,5% en 1994 à 46,4% en 2003, puis à 43,9 en 2009 ». Des chiffres suffisamment éloquents qui situent ceux qui nous gouvernent sur les effets réels de leurs actions contre cette pauvreté que le Faso traîne comme un boulet depuis plusieurs décennies. Visiblement, les remèdes appliqués jusque-là ne semblent pas efficaces. En tout cas, pas suffisamment pour faire reculer la pauvreté à la hauteur du taux de croissance qu’on annonce en grande pompe.
Dans la même optique, le CGD, à travers son réseau Afrobaromètre, fait ressortir un constat qui n’est en réalité qu’un secret de Polichinelle : « Le fossé entre les riches et les pauvres persiste. » Ce qui revient à dire que ce n’est pas tout le Burkina qui est pauvre, heureusement. Mais entre ceux qui ont les moyens de vivre dans une certaine aisance et ceux qui survivent contre vents et marées, la différence est trop grande. En clair, un petit groupe devient de plus en plus aisé pendant que l’écrasante majorité a du mal à joindre les deux bouts. Lorsque « les uns mangent et les autres regardent », cela veut dire que la gouvernance économique ne tient pas la route, elle se trouve dans un virage dangereux pour la paix sociale et la stabilité politique.
Dans un cas comme dans l’autre, il y a danger. C’est un avertissement sans frais que lancent les résultats des rapports du Pnud et du CGD. Cette année particulièrement, le premier insiste sur la question de « l’emploi décent » comme un baromètre pertinent pour mesurer le niveau de partage des fruits de la croissance avec les populations laborieuses. Là également, le constat n’est pas des plus reluisants.
En effet, si la pauvreté demeure la chose la mieux partagée par les Burkinabè, c’est bien parce que ce que leur procure leur travail ne leur permet pas de changer significativement leurs conditions de vie. Pour parler plus simplement, on dira que la plupart des Burkinabè travaillent beaucoup mais gagnent peu pour espérer vivre mieux.
Le tableau du Pnud rejoint celui des syndicats qui réclament, depuis plusieurs années maintenant, une augmentation de revenus pour ne pas dire de salaires. En réponse à ces revendications, le gouvernement n’offre que des broutilles en guise de relèvement salarial. Pire, la flambée intempestive des prix avec en prime celle du gaz butane est la preuve de la non-maîtrise des paramètres économiques par le gouvernement. Dans le sondage du CGD, la majorité des 1 200 personnes qui ont constitué l’échantillon demande justement au gouvernement de faire de la stabilité des prix un point d’honneur dans la gouvernance. Il ne s’agit pas simplement de traquer quelques vendeurs de carburant ou d’huile frelatée mais de revenir au fondamental du contrôle des prix sur un marché où des commerçants véreux règnent en maîtres et fixent les prix selon le bon vouloir de leur gloutonnerie. Il faut mettre un holà. L’autorité du gouvernement fait cruellement défaut.
Par ailleurs, les enquêtés ont aussi relevé une certaine faiblesse dans la construction d’infrastructures économiques et dans le suivi de leur fonctionnalité effective. Pour eux, la réfection des routes et des ouvrages de franchissement ne se fait pas toujours avec la célérité qu’il faut. Pour les jeunes, l’épineux et récurrent problème reste la création d’emplois décents. Concernant ce dernier élément, il faut reconnaître qu’il y a eu beaucoup de discours ces dernières années. Mais au finish, on ne voit pas grand-chose d’impactant. On a plutôt l’impression que les différents ministres qui se sont succédé à la tête du ministère en charge de la Jeunesse et de l’Emploi n’ont fait que tourner en rond et autour des problèmes. Pendant qu’ils effectuent des tournées et s’évertuent à organiser la très médiatique Journée nationale de la jeunesse, les jeunes des villes et des campagnes veulent plutôt voir des offres d’emplois stables, durables et bien rémunérés.
Des solutions, il en existe. Ceux qui subissent la dure loi de la pauvreté endémique et de l’insécurité alimentaire n’hésitent pas à en proposer à ceux qui veulent recueillir leur avis. Ce qui manque le plus, c’est une politique vigoureuse de stabilisation des prix, de constructions d’infrastructures susceptibles d’impacter le dynamisme économique des villes et des campagnes, la création d’emplois décents et valorisants pour les jeunes, la sécurisation des investisseurs et des investissements en instituant un cadre législatif sain, transparent et stimulant. Cela n’est pas impossible.



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