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Le coût environnemental du coton évalué au Burkina

par C. Berthelot
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Du rapport publié en août 2011 sur l’analyse économique du coton, dans le cadre du projet Initiative-pauvreté au Burkina Faso (IPE/Burkina), il est ressorti que même si le coton constitue une filière très importante pour l’économie du pays, les conséquences environnementales de l’« or blanc » ne sont pas à négliger et méritent d’être prises en considération. salariés pendant la période culturale. Pour l’année de référence 2007-08, cette valeur ajoutée représentait environ 3% du PIB en 2008.

Du rapport publié en août 2011 sur l’analyse économique du coton, dans le cadre du projet Initiative-pauvreté au Burkina Faso (IPE/Burkina), il est ressorti que même si le coton constitue une filière très importante pour l’économie du pays, les conséquences environnementales de l’« or blanc » ne sont pas à négliger et méritent d’être prises en considération. Le rapport indique en effet, que le secteur coton génère actuellement la majeure partie des recettes d’exportation du pays et occupe 25% de la population (plus de 325 000 exploitations avec les familles qui y vivent) directement concernée par la culture du coton. Les données disponibles montrent que le coton emploie plus de 700.000 ouvriers agricoles qui travaillent comme salariés pendant la période culturale. Pour l’année de référence 2007-08, cette valeur ajoutée représentait environ 3% du PIB en 2008.

Ainsi, la valeur ajoutée du secteur coton a permis de rémunérer près de 27 milliards de FCFA en salaires, dont près de 10 milliards FCFA vont à des ouvriers agricoles qui travaillent le coton. En termes de distribution de revenus aux entreprises, 60% va vers les exploitations familiales. Toutefois, le rapport énumère des conséquences environnementales qui donnent sujet à réflexion sur l’impact réel du coton sur le développement durable au Burkina. Selon le rapport, l’utilisation des pesticides dans la culture du coton entraîne une dégradation de la qualité des eaux de surface et des nappes phréatiques, ainsi que l’eutrophisation des milieux. Les conséquences les plus probables sont sanitaires, la pollution de l’eau, impliquant des maladies et par conséquent, des pertes de revenus pour les populations touchées.
« Comme pour l’eau, l’utilisation massive d’intrants affecte la qualité des sols, sous la forme de compaction, de diminution du nombre d’organismes et du taux de matière organique présente dans le sol et parfois, de salinisation. De plus, la concentration de monocultures et l’usage uniforme des terres détériorent d’autant plus la qualité des sols et réduisent la quantité de la faune et de la flore (aspect biodiversité) », prévient le rapport. En termes économiques, la détérioration des sols génère une perte de rendement, c’est-à-dire une quantité de coton qui n’a plus pu être produite, et/ou un déplacement de l’activité agricole (extension de terres).
L’observation des variations de rendements entre zones semblables, ainsi que la variation des rendements au cours du temps, permet de chiffrer l’ampleur des pertes de rendement. Pour le Burkina Faso, environ 1/3 des régions connaissent des rendements cotonniers inférieurs à la moyenne nationale. L’écart moyen de rendement observé avoisine 48 000 FCFA/ha, soit environ 1/3 des rendements totaux du coton (au niveau de l’ensemble de l’agriculture, l’écart moyen de rendement est d’environ 16 000 FCFA/ha). Il en résulte une perte pour le secteur estimé à environ 5% de la VA, soit à plus de 7 millions de USD/an. (Notons que seule 50% de la valeur totale du dommage est ici retenue, car des causes non anthropiques peuvent également expliquer ces pertes de productivité). Le rapport note que l’impact sur la biodiversité est directement lié aux impacts sur l’eau et le sol.
La monoculture du coton favorise le développement de populations d’insectes prédateurs du coton et accroît le nombre de parasites, générant ainsi une augmentation de l’emploi de pesticides. Il en résulte le développement d’espèces résistantes et la disparition d’autres espèces pourtant utiles. De même, la surexploitation des ressources en eau pollue les cours d’eau et endommage leur écosystème. A l’heure actuelle, le rapport reconnaît qu’il est difficile de chiffrer explicitement la valeur des espèces menacées par la culture du coton. A titre d’illustration, la valeur des insectes polinisateurs est estimée à 9,5% de la production agricole mondiale. Rapporté au coton dans le contexte du Burkina Faso, il en résulterait un dommage équivalent entre 1,2% et 10% de la Valeur ajoutée (VA) annuelle.
Au vu de toutes ces conséquences, le rapport a tenté une évaluation monétaire des dommages environnementaux de la production de coton. Il a de ce pas montré que les Coûts des dommages environnementaux (CD) de la production de coton sont estimés à 6,8% de la VA du secteur du coton (environ 4,4 milliards FCFA/an) ou 0,12% du PIB du Burkina Faso. Les coûts des inefficiences (CI) avoisinent 6,9% de la VA (environ 4,5 milliards de FCFA/an) ou 0,12% du PIB. Au total, les Coûts des dommages et des inefficiences (CDI) du secteur du coton atteignent 13,7% de la VA, soit près de 8,9 milliards de FCFA/an ou 0,24% du PIB.
Le coton biologique comme alternative
Comme alternative, le rapport estime que le coton biologique peut constituer une solution. « Le coton biologique doit être favorisé pour des raisons économiques et environnementales. En effet, une fois les impacts et risques environnementaux examinés, le coton biologique constitue une alternative prometteuse. Elle doit être favorisée et mise en avant dans les stratégies nationales par le biais de mécanismes incitatifs, le renforcement de la formation et la pérennisation de débouchés stables pour le produit », propose le rapport. Il va loin, en considérant que le coton biologique constitue ainsi une alternative rentable, tant du point vue strictement économique que sous l’angle environnemental.
Même s’il confesse que le coton transgénique constitue l’option la plus rentable du point de vue économique, il juge par contre que les risques économiques environnementaux qui sont liés à son exploitation à plus grande échelle, péjorent sa rentabilité sociale à moyen terme. Ces risques considèrent d’une part, la dépendance accrue des producteurs aux fournisseurs de semences et d’engrais (et à l’élévation continue des prix de ces derniers) et d’autre part, à l’adaptation des ravageurs et bactéries aux résistances des plants génétiquement modifiées. Du point de vue du potentiel, le coton biologique a l’avantage d’être plus intensif en main-d’œuvre et moins en capital. Le renforcement des labels et la collaboration avec les acheteurs de coton biologique doivent être poursuivis. Le développement de cette option passe ainsi, par la coopération internationale pour mettre en exergue les avantages du coton biologique.
Le Burkina Faso doit d’un côté, assurer la capacité à contrôler le caractère biologique du coton produit sur son territoire, tout en s’assurant que les consommateurs finaux sont incités à opter pour ce type de produit. « L’analyse des possibilités de remédiation (atténuation des problèmes environnementaux liés à l’exploitation du coton au Burkina Faso) montre que le développement de la culture biologique du coton génère des gains environnementaux entre 13 000 et 20 000 FCFA/ha. La prise en compte des coûts environnementaux renforce ainsi, la compétitivité du coton biologique par rapport aux autres modes de production », déclare le rapport. Enfin, le rapport souligne que le secteur coton est handicapé par la faiblesse de sa branche « transformation ».
En effet, une des caractéristiques de la filière est que la quasi-totalité du coton fibre est exportée en l’état (plus de 95%) ; ce qui traduit un réel déficit de capacités du secteur en matière de création de valeur ajoutée. Cela signifie que la transformation est quasi-inexistante dans le secteur cotonnier burkinabè. Or, c’est dans ce secteur que semble se trouver le potentiel le plus important, en termes de valeur productive, de création d’emplois et de VA pour le pays.
Raphaël KAFANDO


flèche Sur le web : Journal Sidwaya février 2013


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